Société des Américanistes de Belgique
 
 

 

 

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ALEXANDRA CARLIER Alexandra.Carlier@ulb.ac.be

Licenciée en Histoire de l’Art et Archéologie, spécialisation civilisations non européennes, de l’Université Libre de Bruxelles en septembre 2005.

 

Je suis actuellement engagée dans un DEA interuniversitaire en sciences sociales : anthropologie et sociologie en vue d’entamer un doctorat en ethnoarchéologie péruvienne sur les mythes et les rituels agropastoraux de la vallée haute du Chillón (province de Canta, département de Lima).

Dans le cadre de mon mémoire de licence, j’ai travaillé sur le culte de l’eau dans le Pérou ancien. Le but du mémoire était d’analyser les cérémonies anciennes et actuelles liées à l’eau d’irrigation dans les Andes péruviennes et de tenter de montrer comment elles s’enracinent dans le culte de l’eau du Pérou ancien. La démarche que j’ai développée, dans la vallée haute du Chillón est celle de l’ethnoarchéologie.

Figure 1 Entretien avec un comunero de la communauté de San Pedro de Huacos

D’une part, j’ai décrit et analysé les célébrations du nettoyage des canaux d’irrigation de deux communautés villageoises (San Pedro de Huacos et Santiago de Huaros) pour en comparer les données avec celles d’études ethnoarchéologiques et anthropologiques sur le même sujet.

D’autre part, j’ai fait une analyse archéologique des établissements de l’Intermédiaire récent (1000-1450) et de l’Horizon récent (1450-1532) de la haute vallée du Chillón, complétée par des données historiques et ethnohistoriques, en vue de comprendre le cadre sociopolitique dans lequel ces établissements virent se dérouler des cérémonies et des rituels liés à l’eau, à l’instar des communautés villageoises actuelles.

La recherche ethnoarchéologique sur le rituel du nettoyage des canaux, communément appelé limpiacequia dans la zone étudiée, a privilégié l’utilisation de deux approches : l’approche contextualiste et l’approche post-processualiste. A travers l’étude de cas d’une zone andine spécifique, j’ai tenté d’étudier l’évolution diachronique du rituel et d’en souligner la « relative continuité » formelle et fonctionnelle, depuis l’époque de l’Intermédiaire récent jusqu’à nos jours, en incorporant aux reconstitutions du passé, les mentalités culturelles et le contexte historique. En effet, les relations entre comportements et culture matérielle – dans ce cas-ci les canaux ou les divinités pourvoyeuses d’eau figurées en pierre et situées aux côtés de ceux-ci – dépendent de l’action des individus dans un contexte culturel et historique particulier. J’ai donc analysé, dans plusieurs dimensions (espaces, temps, etc.), les similarités et les différences des objets archéologiques, considérés comme porteurs d’une double signification fonctionnelle et symbolique.

Cette démarche pluridisciplinaire m’a permis de montrer qu’en dépit d’importants changements environnementaux et socioculturels, il existe dans les rituels liés au nettoyage des canaux d’irrigation de la zone étudiée des « persistances » qui s’enracinent dans celles de la période préhispanique récente, comme par exemple celle de la vénération de la divinité locale pourvoyeuse d’eau d’irrigation.

Figure 2 Assemblée communautaire et élections de nouvelles autorités d’irrigation lors du nettoyage rituel du canal de Jaguajo (Santiago de Huaros)